Comme le temps passe…

1 Sep

Et comme il est étonnant un beau matin de voir Juju soudain crapahuter à quatre pattes pour aller chercher ses petits poissons en plastique. Le temps passe et avec lui il faut sans cesse revoir sa copie de parents, s’adapter et réfléchir à ce que cette nouvelle donnée va représenter d’opportunités et de dangers.

J’ai pensé mettre un de ces casques en mousse à Juju, ceux qui sont justement conçus pour accompagner les tout petits dans leurs premiers pas. Nous en avons parlé, j’ai regardé les modèles, les prix (35€ environ), je me suis émue quand Juju s’est cognée dans ses étagères et s’est mordu la lèvre avec sa toute première dent et depuis je ne savais pas trop quoi penser.

Et puis, je me suis souvenue de ce que Thomas Gordon écrit sur le fait que les parents doivent savoir reconnaître un problème qui leur appartient de celui qui appartient à leur enfant. Certes, me direz-vous, on ne parle pas ici tout à fait d’aider Juju à se réconcilier avec sa copine de classe et loin de moi l’idée de décréter que les bosses, les bleus et les égratignures de Juju sont un problème qui n’appartient qu’à elle (vous me prenez pour qui ? Non mais !). Mais si mon ‘job’ de maman est bel et bien de m’assurer que Juju va grandir dans un environnement sécurisé (et sécurisant), il me semble que mon devoir est aussi de lui laisser le privilège de faire ses propres expériences et de découvrir par elle-même ses limites. Que je le veuille ou non, c’est déjà un peu de son histoire qu’elle écrit. Juju n’a pas peur d’aller fouiner sous l’armoire (maudits poissons en plastique qui vont se cacher n’importe où), ni de lécher les pieds du fauteuil (beurk !), ni de rentrer tout entière dans les casiers de ses étagères.

Et moi je fais quoi ? Je passe l’aspirateur plus souvent et je nettoie les pieds du fauteuil.

Dans mon quartier, il y a le parc Pablo Neruda, lieu de rendez-vous des nounous et des mamans passé 4h de l’après-midi, et vous n’imaginez pas le nombre de fois où on peut y entendre des « Tu vas te faire mal ! » ou des « Faut toujours qu’il tombe, celui-là ! » (le ‘celui-là’ faisant référence à un adorable petit bonhomme qui a mal pris son virage à vélo). Et à chaque fois, ça me fait bondir parce que, entre autre, je ne vois pas l’intérêt pédagogique de prédire systématiquement à un tout petit qu’il va se prendre un gadin s’il a l’audace de grimper sur un muret.

Thomas Gordon attire l’attention sur la manière dont nous parlons à nos enfants en leur donnant du « tu » à tort et à travers. C’était sans compter l’emploi du « celui-là » qui est à mes yeux au moins aussi dévastateur. Tous deux amènent l’enfant à se dévaloriser (je suis nul, je tombe toujours, c’est maman et papa qui le disent) puis progressivement à s’opposer à ses parents (j’en ai assez ! papa et maman ne me soutiennent jamais / me font sans arrêt des reproches / m’empêchent de vivre / …).

J’en reviens à mon histoire de casque et je décrète que non, Juju n’en portera pas. En tout cas pas pour la protéger de ce qui est déjà l’environnement dans lequel elle va grandir.

Dans la méthode Montessori, un environnement préparé pour l’arrivée d’enfants est un environnement adapté à leur taille et à leur âge, et c’est ce à quoi je me suis employée ces dernières semaines. Dans sa chambre au moins.

Quand je tourne les talons, je sais qu’elle y est en sécurité ; des caches-prises partout, pas de cordon électriques, des futons au sol, etc. mais force est de constater que je ne peux pas pousser les murs pour l’empêcher de s’y cogner.

En revanche, je m’efforce de réserver des moments rien qu’à elle pour la voir repousser ses limites, explorer d’autres parties de la maison, s’appuyer sur le coffre de rangement pour essayer de se mettre debout… je tremble, j’ai peur car je sais bien moi aussi qu’elle va tomber du muret, du vélo, en courant, en faisant la roue, et que sais-je encore. Mais quand elle parvient à ses fins, qu’elle me montre fièrement ses petits poissons fugueurs, je la félicite et je lui dis qu’elle ne doit pas avoir peur d’oser. Papa et maman sont là.

Publicités

Une Réponse to “Comme le temps passe…”

  1. MC 1 septembre 2011 à 20 h 44 min #

    sympa ce petit blog de maman !! j’espère qu’on va bien se régaler de tes articles…

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :