De l’art d’être un bon parent

2 Sep

Ce matin, je me réveille et la journée commence comme d’habitude. Je suis fatiguée, habiller Juju tourne au match de catch, et la recoucher peu après son petit déjeuner, à un rituel fait de négociations et d’allers retours jusqu’à sa chambre. Le doudou s’est sauvé dans un coin du lit, la girafe a tout vu, et moi, je joue les Columbo pour retrouver dans la pénombre tout ce qu’il faut à ma petite chérie pour se reposer. Et admettons-le, pour me permettre à moi aussi de relâcher la pression.

Je repense à la conversation que j’ai eue hier soir avec Marie sur la soudaineté de passer du statut de femme à celui de maman et je sens que quelque part, caché sous cette découverte qui n’en est évidemment pas une (tous les parents vous le disent mais jusqu’à ce que ce soit votre tour, vous n’écoutez rien), je tiens un sujet.

J’ai beau potasser la méthode Montessori, je ne vois rien qui traite de ce que je ressens. Si je comprends bien, je suis dans les clous ; j’aménage, j’anime, je réfléchis toujours avant d’acheter, je bannis le plastique et les coffres à jouets, j’exclue le « tu » en passant (et une pincée de Gordon pour la dame !), j’accompagne Juju dans ses découvertes… ouf ! Mais qui m’accompagne moi (vu que je n’ai plus le temps d’y réfléchir) ?

Et là il me semble bien que je vais devoir me débrouiller.

Pour vous donner un exemple, hier soir j’étais toute seule avec Juju. Tout était bien parti, pyjama, dîner, etc. on était prêt de bonne heure. Je me suis dit que j’allais mettre en application deux de mes nouvelles résolutions et cuisiner avec Juju à côté de moi ; elle participerait à mes activités + on mangerait plus de légumes = c’était tout bénef.

Donc, je prépare le dîner, et 20 minutes plus tard, tranquille, y a plus qu’à mettre au four quand je vois que Juju se frotte les yeux. C’est l’heure d’aller se coucher. J’emmène la demoiselle, je lui lis pour la Nième fois « Kiss Goodnight Sam », doucement, calmement, et j’atteins le nirvana montessorien. La plénitude pour tout le monde. Bonne nuit Juju !

Quand je redescends à la cuisine, je suis aux anges, je suis fière, je baisse la garde. C’est là que tout dérape : mes yeux se posent sur le Babycook et me voilà partie à cuisiner plein de bonnes purées maison à Juju.

Quel bon parent je suis !

A 22h, les carottes, les petits pois, les poireaux, navets et autres pommes de terre, tout y est passé ; je range la cuisine, et je réalise que certes j’ai la conscience tranquille mais aussi que :
1. je suis vannée
2. les placards sont bourrés de petits pots bios 100x meilleurs que mes petites recettes persos
3. le vernis Dior tout neuf que je me suis acheté va attendre encore (et c’est pas à la Toussaint qu’on peut se mettre en tropéziennes)
4. Gossip Girl, The Good Wife, Medium (ouais Medium) vont aussi devoir attendre

et enfin que

5. ça fait 9 mois, bientôt 10, que je tombe dans le panneau tous les soirs (aspirateur, lessive, organisation et maintenant Babycook) et que, évidemment, tous les matins, je suis crevée

Stop !

Etre un bon parent c’est quoi ? Vaste question sauf que, dans les grandes lignes, il va falloir que j’y réponde un peu parce que cocotte (c’est à moi que je m’adresse en écrivant ‘cocotte’), il y a un truc qui cloche : Juju est propre, elle grandit bien, elle est heureuse, elle a plein de jouets, elle a une nounou super, et, vous l’avez compris, elle a des petits pots goûteux et bons pour la santé. Elle, elle, elle.

Et moi ?

Justement. Moi, je le sens, j’ai besoin de me réserver un peu de temps pour moi et pour redevenir celle qui glandouillait au Starbucks après les cours, celle qui allait au cinéma, au restaurant, qui se baladait, qui voyait ses amis, qui mettait du vernis. Et plus encore, j’ai envie que Juju la connaisse.

Parce qu’être une bonne maman, ce n’est évidemment pas être Superwoman. C’est même la pire leçon que je puisse donner à ma fille. Je ne suis pas parfaite. Elle ne sera pas parfaite. Et personne ne le lui demandera. Le sujet est clos.

La méthode Montessori parle d’instaurer un climat de paix dans la maison mais être maman me fait parfois confondre paix et perfection et faire participer Juju à mes activités ne signifie pas seulement la faire participer à mes obligations. OK, alors voyons les choses autrement. Elle sera là ce soir, à côté de nous quand, sur la terrasse, nous ouvrirons cette petite bouteille de Chablis. On lui installera un plaid par terre pour qu’elle empile ses boîtes tranquillement, on cueillera des tomates, on papotera, et on profitera de la tiédeur du soir, papa, Juju, Dior et moi.
Et demain, on trouvera autre chose.

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2 Réponses to “De l’art d’être un bon parent”

  1. MC 2 septembre 2011 à 12 h 20 min #

    Bel article !
    Mais une maman qui n’avoue pas ses fragilités c’est juste une maman, ce n’est plus une femme
    alors ce soir, mets ton vernis, je t’en prie. Juju, il faut qu’elle connaisse Stéph Starbucké et pédicuré
    et puis trinque à sa santé après, parce qu’elle aura une super purée

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    • stephanie@myfamilymontessori 2 septembre 2011 à 12 h 41 min #

      Tu es ma plus grande fan !
      T’as vu, je parle de toi dedans.
      Promis, je mets mon vernis. Décidément, cette histoire de vernis à ongles, c’est un peu le fil rouge de notre relation, tu crois pas ?

      J'aime

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