Montée de Sève

16 Oct

C’est bizarre. À l’heure où tout le monde commence à faire grise mine, où la question collants/pas collants ne se pose plus et où nos chères petites têtes blondes découvrent malgré elles les joies du bouillon de culture du panier à doudous de leur classe, ben moi, ça va.

C’est tout nouveau. Je ne me souviens pas avoir connu depuis la naissance de Juju de journée où je ne me sois pas dit que j’étais épuisée ou ‘que quelque chose n’allait pas’.

Ceux qui me connaissent savent que cette année a été dure ; gros pépin de santé, hospitalisations, et la promesse que tout va rentrer dans l’ordre un jour ou l’autre. Mais ça ne vient pas, ça traîne des pieds, ça se fait désirer. Et puis il y a ce samedi. Froid de canard, lumière déclinante, le parc qui se vide, le vent déjà glaçant qui se lève et là, devant les grilles, un gros tas de feuilles mortes croustillantes à souhait.

J’ai senti pour la première fois depuis de longs mois qu’y sauter à pieds joints ne me coucherait pas pour le reste de la journée. J’y ai entraîné Juju et nous avons bien ri, on a fait des clowns comme elle dit souvent.

Ce dimanche, j’ai pris mon appareil photo et j’ai poussé le bouchon un tout petit peu plus loin ; séance de ciné avec Juju le matin, brunch à l’Inédit Café puis quelques clichés du jardin dans cette si belle lumière d’automne. J’ai admiré mes toutes dernières plantations, un chou décoratif, des physallis, des chrysanthèmes.  Et je me suis dit qu’il allait falloir préparer le jardin pour l’hiver.

Ce jardin, c’est l’extension de ma maison. Et de ma santé.

IMG_2696Il y a un an, il était lunaire et aujourd’hui les charançons et les oiseaux semblent le trouver à leur goût. J’ai une copro extra qui m’a laissée y planter pendant des mois mes frustrations, y ensevelir mes vieilles douleurs et y semer de jolies choses aussi.

Au fil des mois, j’ai appris à respecter la nature du sol, l’exposition, la topographie, j’ai compris qu’il y a un temps pour tout et une place pour chaque chose. Et que la nature finalement permet qu’on déplace, qu’on transplante, qu’on ratiboise jusqu’à obtenir un équilibre acceptable. Cet endroit, je l’ai pensé, dessiné, quand je passais mes journées allongée ; et plus tard, j’ai compté les graines, les bulbes, les plants, brossé les pots, enrichi la terre puis j’y ai plongé mes mains. Mais finalement, c’est lui qui m’a apporté le plus.

Tiens, il pleut.

Depuis la fenêtre, je vois les feuilles cornées de la vigne se balancer et je devine le petit jardin jaunissant en contrebas.

D’ici quelques semaines, dehors, les plantes et les petites bêtes vont entrer en repos végétatif. Mais avant, il me reste encore à faire. Protéger les pieds les plus fragiles avec du paillis, tailler le delphinium au plus court, déplacer les pots dans les coins les moins exposés.

Et couper les branches qui ont donné des fruits cette année pour préparer celles qui viendront.

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