Une Journée au Bureau

21 Oct

C’est quand même bête, toutes ces années à pester contre le brouillard, la pluie, le vent qui allaient ruiner mon brushing et voici que maintenant qu’il n’est plus nécessaire de sortir rejoindre un quelconque lieu de travail, je n’ai plus l’obligation de faire un brushing. Du coup, dehors ou pas, je ne suis jamais bien coiffée !

En revanche, j’ai le plaisir de pouvoir me faire un café quand le cœur m’en dit et de travailler en pyjama à ma guise puisqu’après tout je suis maîtresse de moi-même et de ma petite entreprise.

Travailler depuis la maison requiert, vous l’aurez deviné, rigueur et clairvoyance ; il faut savoir définir les contours de ce qui relève de la vie de bureau de ce qui n’appartient qu’à soi. Et c’est un exercice dans lequel je suis loin d’exceller. J’en veux pour preuve cette photo de mon bureau prise aujourd’hui-même et qui s’avère être le fruit d’un effort soutenu consistant entre autre à redescendre mugs et tasses expresso aussi fréquemment que possible et à les abandonner lâchement dans l’évier.

CIMG_2708adavre de Starbucks, ordinateur, boîte à bijoux, autel bouddhique (en fait, un plat à gratin qui une fois ébréché a été converti en autel bouddhique), petit cochon souvenir de Pologne (eh oui Didier et Marie, je l’ai gardé près de moi), photos, chaîne hi-fi, adaptateur (pour le cas où j’aurais en urgence à brancher un hypothétique appareil provenant de l’étranger, sans doute),  patchs chauffants (je le découvre en regardant la photo), traitement homéopathique et Ipad pour regarder ma série, voilà mon lot quotidien.

Une croix bordélique et solitaire.

Quoique.

Je vous ai parlé de mon collègue du moment ? La cinquantaine bien tassée, costume-cravate, un accent anglais délicieux, une bonne éducation et la même sonnerie de portable que moi (ce qui s’avère être le seul reproche que je puisse lui adresser).

Ou pas. Parce que mon collègue de bureau, c’est l’Inspecteur Barnaby. (Oui oui, la série TV devant laquelle grand-mamie ronfle le dimanche. J’y peux rien, les ambiances naphtaline, bottes en caoutchouc et vieilles dentelles m’aident à me concentrer).

Parce que les journées sont longues quand on fait du télétravail. J’ai beau me trouver moi-même d’une compagnie exquise, il y a des moments où je m’ennuie ferme et où dire à voix haute ce que je m’apprête à écrire devient presque flippant.

Et cela fait bien longtemps que les cds Nature et Découvertes ne sont plus suffisants pour servir de fil rouge à ma concentration (les mouettes font d’ailleurs de bien piètres collègues de bureau).

Alors c’est Barnaby qui s’y colle.

Mais, heureusement (me dis-je, bien que pas longtemps), il y a les mercredis où les enfants sont gardés à la maison. Je vois venir ces jours-là comme des bouffées d’air frais, des journées pleines de joie et de légèreté.

A tort et à raison.

Dans les faits, mon bureau, ce havre de tranquillité et de concentration, devient le lieu où se soldent les conflits portant sur les poupées, les petites voitures ou le partage équitable des cubes et des pièces de puzzle. Une petite tête blonde déboule, puis une autre, suivies de la nounou (un modèle de rigueur et de clairvoyance pour le coup) ; ça braille, ça pleure, ça se roule par terre, ça se console et ça se réconcilie autour d’une compote. Ça chante pas mal aussi (comprenez ‘beaucoup’).

Entre bagarres et chahuts, moi je skype, j’écris, je téléphone et je remets à l’heure de la sieste mes conf calls avec les clients. Je fais le plus dur pendant les balades, les ‘moments calmes’ et le goûter et le reste du temps, je fais le dos rond, j’avance comme je peux et je porte un casque pour que, quand même, entre pâte à modeler et stratégie marketing, Tom (il s’appelle Tom) puisse me murmurer le nom du meurtrier.

Publicités

2 Réponses to “Une Journée au Bureau”

  1. MC Aractingi 21 octobre 2013 à 9 h 26 min #

    Moi je trouve ça admirable, je suis sensée travailler de chez moi et je ne fais absolument rien (à part du café d’ailleurs, et même pas du vrai, du Nes). Je regarde Downtown Abbey, je regarde Facebook, je me dis qu’à l’époque j’écrivais et que je devrais m’y remettre, j’essaye, je n’y arrive pas, alors je me fais un café et je vais sur facebook.
    Chapeau d’avoir repris ton blog, les articles y sont vifs, j’aime leur style enjoué et second degré !
    et vive le cochon de Pologne, ça c’était du cadeau !

    J'aime

    • stephanie@myfamilyandthecity 23 octobre 2013 à 6 h 01 min #

      Merci Marie. Finalement, le blog, c’est un peu la manière que j’ai trouvée de prendre du recul sur la vie de tous les jours. Je passe les journées sur écran et finalement c’est comme si je ne regardais jamais loin. Les yeux et les idées s’habituent à une courte distance.
      Au fait je vais reprendre le lien vers ton blog. Il était dans mon blogroll mais le lien était cassé quand je l’ai testé l’autre jour.
      Quant au cochon, il est décidément superbe.

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :